jeu., 07/12/2017

Souffrance au travail : lancement d’un observatoire pour aider les praticiens hospitaliers

L’objectif est de mieux repérer et aider les professionnels touchés, soumis notamment à des pressions managériales de plus en plus fortes.

Billet original sur Le Monde - Santé

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Cafés Citoyens Santé Travail : le programme du 1er semestre 2018

Les Cafés Citoyens Santé et Travail continuent en 2018.

Vous avez été nombreuses et nombreux à venir assister aux premières conférences-débats donnés par les membres du réseau Souffrance & Travail depuis septembre 2017.

En 2018, ces rencontres continuent autour de sujets tout aussi percutants et proches des préoccupations des citoyennes et citoyens qui connaissent à leur travail des situations de souffrances.

  • Mardi 16 janvier 2018 : “Le silence des hommes derrière le bruit des machines.”
    Avec Jean Auroux, ancien ministre du Travail.
  • Mercredi 7 février 2018 : “Que dire sur le harcèlement moral en 2017 ?”
    Avec Marie-France Hirigoyen, médecin psychiatre, psychanalyste, spécialiste du harcèlement moral, qui revient pour la seconde fois évoquer ce sujet.
  • Mardi 13 février 2018 : “Les sources de la souffrance au travail à l’heure de la révolution managériale.”
    Avec Vincent de Gaulejac, professeur émérite à l’université Paris 7-Denis Diderot, président du Réseau international de sociologie clinique (RISC).
  • Jeudi 15 mars 2018 : “Le burn-out des soignants – La souffrance dans le milieu hospitalier.”
    Avec Richard Torrielli, de l’OSAT-APH, l’Observatoire de la Souffrance au Travail (OSAT)-Action Praticiens Hôpital (APH).
  • Mardi 10 avril 2018 : “Santé au travail : les “crimes” industriels.”
    Avec Jean-Paul Teissonnière, avocat, et Annie Thébaud-Mony, sociologue.
  • Mercredi 23 mai 2018 : “La souffrance au travail dans la fonction publique : quelles particularités ?”
    Avec Benoît Arvis, avocat spécialiste de la fonction publique.
  • Mardi 26 juin 2018 : “Devenir un salarié averti pour ne plus souffrir au travail.”
    Avec Marie Pezé, psychologue, fondatrice du réseau “Souffrance & Travail” (association Diffusion et Connaissance du Travail Humain-DCTH).


Informations pratiques et conditions d’entrée :

  • Lieu : café/restaurant Le Balbuzard, 54, rue rené Boulanger, 75010 Paris, métro République.
  • Heure : de 20h à 21h30.
  • Participation : 10 € (consommation non comprise) à verser le soir de la conférence.
  • Inscription obligatoire à l’adresse : cafe.sante.travail@gmail.com

Un cycle de conférences-débats organisé par l’association Cafés Théma

Association Cafés Théma

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mer., 06/12/2017

[DOCUMENT] Lettre de recours amiable contre un refus de prise en charge en accident du travail

Objet : Contestation de la décision de la CPAM n° …

Madame, Monsieur,
La caisse primaire d’assurance maladie en date du ../../2017 (référence de la décision en objet de ce courrier) a refusé la prise en charge de mon arrêt de travail du ../../2017 au titre des accidents du travail (pièce jointe N°…) alors que les faits se sont déroulés sur mon lieu de travail, pendant mes heures de travail, en lien de subordination avec mon employeur et qu’il y a eu un fait soudain ayant entrainé une lésion à mon encontre.

Par conséquent, je conteste par la présente les motifs du refus et fait appel de la décision. J’ai l’honneur de saisir la caisse de recours amiable pour requalifier mon arrêt de maladie en accident de travail.

Je vous prie de bien vouloir trouver ci?dessous les éléments de droit et de faits à l’appui de ma demande.

Conformément à l’article L. 411?1 du code de la sécurité sociale définissant l’accident du travail, qui dispose qu’est « considéré comme accident du travail, quelle qu’en soit la cause, l’accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail à toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d’entreprise »,  j’ai bien été
victime d’un fait accidentel dans le cadre de mon activité professionnelle et ce fait accidentel a entraîné l’apparition soudaine d’une lésion.
Par application de la présomption d’imputabilité découlant de cet article, en tant que victime je n’ai donc pas à apporter la preuve du lien de causalité entre le travail et la lésion. Il devrait me suffire d’établir la réalité de l’accident et sa survenue aux lieux et au temps de travail. C’est ce que j’entends démontrer dans ce recours.
Pour apporter sa contestation du fait accidentel, s’il le conteste, et sa présomption d’imputabilité, il incombe à mon employeur de démontrer qu’au moment de l’accident je me livrais à une activité totalement étrangère au travail. Cela serait totalement faux puisque c’est dans le cadre de l’exécution du travail et des ordres de mon employeur que l’agression verbale ayant entraîné mon arrêt de travail s’est produite.

Pour la lésion, la CPAM doit apporter la «preuve contraire», c’est?à?dire que la lésion serait totalement étrangère au travail. Les éléments présentés ci?dessous et les pièces jointes à ce recours, notamment le certificat du Dr……établiront qu’il n’existe aucun autre élément que ceux du travail à l’origine de la lésion sous forme d’Etat de stress aigu (ESA) consécutive à la violente agression verbale de mon employeur.

La violente agression verbale sur le lieu et au temps de travail
En date du ../../2017 vers 13h45, Monsieur …, directeur de deux boutiques « …. » m’a téléphoné à la première boutique en me hurlant dessus : « Tu ramènes ton gros cul ici je ne suis pas un pédé pour récupérer des enveloppes pour la boutique du… ».
Brutalement heurtée par la violence de ces propos sexistes et homophobes, qui n’ont rien à faire dans une relation de travail normale, je suis arrivée au siège la boule au ventre vers 14 heures, j’ai déposé des serviettes. Monsieur … m’a à nouveau hurlé dessus de manière insultante et dégradante à mon égard et expliqué qu’il avait monté un dossier contre moi pour vol afin de me licencier.
Suite à cette agression verbale, je ne me sentais pas bien et à 17h30 et j’ai eu un malaise : angoisse, pleurs, tremblements. Une cliente a accepté de bien vouloir témoigner de l’état dans lequel je me trouvais (pièce N° 1). Bien que profondément affectée, je ne suis partie du travail qu’à 18 heures, à la fin de mon service.
J’ai avisé la médecine du travail de l’altercation ainsi que du malaise. Cette dernière m’a conseillé d’aller voir mon médecin traitant. Suite à ma visite chez lui, il m’a prescrit un arrêt de travail pour accident de travail (pièce N° 3) du fait que l’incident à l’origine des lésions qu’il a diagnostiquées et qui l’ont conduit à me prescrire un arrêt de travail étaient survenus sur le lieu de travail et pendant le temps de travail.
Le médecin du travail m’a aussitôt orientée vers le Dr.., spécialiste en souffrance au travail, qui a constaté l’état de stress aigu que le médecin avait diagnostiqué (pièce N° 2) ainsi que l’absence de tout antécédent.
En date du ../../2017 la médecine du travail m’a déclaré inapte à tout reclassement en une seule visite (pièce N° 4).

Des faits et évènements ci?dessus il résulte que :
L’agression verbale dont j’ai été victime le ../../2017 sur mon lieu de travail a entraîné un choc psychologique constaté par un témoin, par les certificats médicaux ainsi que par un arrêt de travail.
L’évènement et ses conséquences correspondent donc bien aux dispositions de l’article L. 411?1 du code de la sécurité sociale définissant l’accident du travail. Cet événement est soudain, daté, s’est produit au temps et au lieu de travail. Le fait générateur, qui est une agression verbale violente consécutive à des conditions de travail ayant déjà fragilisé mon état nerveux est totalement anormal dans une relation de travail. Cet évènement est en rupture avec le cours habituel des choses, brutal et imprévisible. Il constitue au demeurant un détournement du lien de subordination de la part de l’employeur.

C’est ce que confirme la cour de cassation et notamment par un arrêt du 4 mai 2017 (C. Cass. N°15?29.411) (pièce N° 6) qui confirme qu’en cas d’altercation l’arrêt de maladie doit être requalifié en accident de travail. Elle ajoute que pour rejeter le recours il est insuffisant que la CPAM mentionne que la salariée ne démontre pas suffisamment l’existence d’un lien entre son état et l’agression verbale dont elle a été victime et qu’en statuant ainsi alors qu’elle constatait que la salariée a été victime d’un malaise survenu au temps et lieu de travail la cour d’appel, reprenant les propos de la CPAM, avait violé le texte relatif à la reconnaissance des accidents du travail.
Une cour d’appel précise que, comme en matière d’accident atteignant l’intégrité physique déjà usée par les gestes professionnels d’un salarié, un accident atteignant son psychisme peut revêtir le caractère de soudaineté lié à un évènement précis de travail alors même que l’apparition d’une pathologie est progressive.
Il en résulte que j’ai donc bien été victime d’un accident du travail dans le cadre de mon activité professionnelle. L’élément déclencheur constitué par l’agression verbale et l’insulte, elle?même produite dans un cadre de travail pathogène constitué de pressions téléphoniques incessantes pour obtenir des attestations contre les salariés qui quittent l’entreprise, d’agression sexuelle comme cela est mentionné sur les pièces jointes à ce recours, est totalement anormal dans une relation de travail, en rupture avec le cours habituel des choses, brutal et imprévisible et ce fait accidentel a entraîné l’apparition soudaine d’une lésion.
L’employeur ne démontre aucunement que j’effectuais une activité étrangère au travail.
La CPAM n’apporte pas la «preuve contraire», c’est?à?dire que la lésion serait totalement étrangère au travail.

Les éléments de fait et de droit étant réunis, la présomption d’imputabilité doit s’appliquer et cet accident doit donc être reconnu au titre des accidents du travail.

De plus, selon l’article L. 4121?1 du Code du travail « L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ». Par les faits décrits ci?dessus, celui?ci a totalement manqué à cette obligation par son comportement agressif et insultant à mon égard et a lui?même directement provoqué la dégradation de mon état de santé.

Veuillez agréer Madame, Monsieur, mes salutations respectueuses.

Madame…

 

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Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mer., 29/11/2017

Les outils de formation sur les violences au sein du couple et les violences sexuelles

Les outils de formation sur les violences au sein du couple et les violences sexuelles

Ces kits de formation se composent d’un court-métrage et d’un livret d’accompagnement élaboré par la MIPROF (Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains) avec le concours d’un collège de formateurs-trices, d’universitaires, d’enseignant-e-s et d’expert-e-s et le soutien des partenaires institutionnels, professionnels.
Leur utilisation dans le cadre de la formation initiale et continue est libre de droits sous réserve d’une information préalable à la MIPROF.
Vous pouvez obtenir les liens de téléchargement et les livrets en format numérique en écrivant à formation@miprof.gouv.fr.

Le kit « Anna »

Il explique les mécanismes des violences au sein du couple, le repérage, la prise en charge par le-la professionnel-le et le travail en réseau. Il a été réalisé avec le soutien de la Commission européenne. Télécharger la fiche de présentation Kit Anna (pdf – 211.6 ko).

Une version du film est disponible pour les personnes sourdes et malentendantes (LSF et sous-titrage en français) pour l’obtenir écrire à formation@miprof.gouv.fr
Le kit est disponible en anglais.

Le kit « Tom et Léna »

Il traite de l’impact des violences au sein du couple sur les enfants ainsi que du repérage et de la prise en charge de la mère et de l’enfant victimes. Il est destiné d’abord aux professionnel-le-s de l’enfance et de l’adolescence. Il a été réalisé avec le soutien de la MGEN-ADOSEN, l’institut de victimologie, le ministère de la justice (DPJJ) et le ministère de l’éducation nationale (DGESCO). Télécharger la fiche de présentation Tom et Léna (pdf – 426.4 ko)

Une version du film est disponible pour les personnes sourdes et malentendantes (LSF et sous titrage) écrire à formation@miprof.gouv.fr

Le kit « Protection sur ordonnance »

Il traite des mécanismes des violences, du repérage et de l’évaluation du danger lié aux situations de violences au sein du couple pour mettre en place une prise en charge et une protection adaptée pour la mère et les enfants victimes. Il est conçu d’abord pour les avocat-e-s et les professionnel-le-s du droit. Télécharger la fiche de présentation Protection sur ordonnance (pdf – 685.5 ko)

Le kit « Elisa »

Il traite de les conséquences des violences sexuelles et de l’impact du repérage systématique sur la femme victime. Cette pratique professionnelle améliore le diagnostic, la prise en charge et l’orientation par le-la professionnel-le. Il est destiné d’abord aux sages-femmes et aux professionnel-le-s de santé. Il a été réalisé avec le soutien notamment des instances et associations professionnelles des sages-femmes. Télécharger la fiche ELISA (pdf – 586.9 ko)

Une version du film est disponible pour les personnes sourdes et malentendantes (LSF et sous-titrage en français) pour l’obtenir écrire à formation@miprof.gouv.fr

Les vidéos sont toutes disponibles sur le site du Secrétariat d’État en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mar., 28/11/2017

Artisanat : une relation particulière entre travail et santé

En croisant les thèmes du travail indépendant et de la santé au travail d’individus pour lesquels le corps est le principal outil de travail, l’essai d’Olivier Crasset tente de répondre aux insuffisances de l’épidémiologie en recourant à l’enquête ethnographique.

Billet original sur Le Monde - Santé

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sam., 25/11/2017

Coke, weed, Lexomil. Prendre des substances pour tenir au travail

On vous a demandé à quoi vous vous « dopiez » pour faire face à vos conditions de travail, et pourquoi.

« J’étais focusé, plus créatif […] Dans le contexte du travail, j’ai souvent tendance à être réservé. Là, j’avais le courage de partager mes opinions », témoignait un programmateur informatique dans La Presse, lundi. Tous les matins, ce père de famille canadien ajoute un peu de LSD à son bol de céréales. Une microdose qui l’aide, quand il a « des trucs complexes » à gérer au boulot. Comme ce trentenaire, les jeunes entrepreneurs nord-américains – Silicon Valley en tête – seraient de plus en plus friands de ce psychotrope hallucinogène pour booster leurs performances au travail.

En France aussi, un nombre croissant d’employés, cadres ou ouvriers, consomment ou ont augmenté leur consommation de substances psychoactives (alcool, cannabis et médicaments psychotropes en tête) pour « assurer » au bureau.

Tabac, Red Bull et cocaïne

Les psychotropes ? Le spectre est large, la liste interminable. Du licite à l’illicite : caféine, tabac, alcool, anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères, anti-asthéniques comme le Guronsan ou le Red Bull, cannabis, amphétamines, cocaïne…

« Il faut se déprendre d’une approche par les substances et s’intéresser aux usages : que font les salariés de ces produits ? Pourquoi les consomment-ils ? », avertit le sociologue Renaud Crespin, coauteur de « Se doper pour travailler ? ».

Réunis en congrès la semaine dernière, des chercheurs plaident pour une nouvelle approche : celle du lien entre cette consommation (voire polyconsommation) massive et l’environnement professionnel. Le recours fréquent à ces « béquilles chimiques » en dirait davantage de nos conditions de travail et des normes managériales qui les régissent, que de l’usager lui-même.

« Fumer mon spliff me fait redescendre de ma journée »

A 46 ans, Matthieu* bosse dans le secteur des énergies renouvelables. Quand on lui téléphone à 8h30, ce responsable commercial vivant dans le sud de la France en est déjà à son quatrième café. Chaque jour, il s’en enfile une dizaine, assortis de deux paquets de cigarettes. Père de deux garçons, il nous parle de son quotidien « très speed » dans la petite entreprise où il est chargé de vendre chauffages et climatisations : « Si on ne fait pas de chiffre d’affaires, l’un de nous peut dégager. Mon salaire s’élève à 750 euros. Après, je grimpe avec les commissions. Pour atteindre 2.500 euros, faut en vendre des clim’ ! J’aurais un fixe à 1.500 euros net, j’me prendrais moins la tête. Tout ça génère un stress important. Le soir, certains s’ouvrent une bière ; moi, je me fume mon ‘spliff’. Ça me fait redescendre de ma journée. » S’il ne consomme jamais le matin, il n’est pas rare que Matthieu se grille aussi un « p’tit bédard » lors de sa pause déj’ ou entre deux rendez-vous, « histoire de rester zen ». « C’est plus sympa d’arriver détendu, avec le sourire, chez les gens. Ça me permet de rester cool et de pas angoisser. » Dans sa boîte, le commercial n’est pas le seul à recourir aux psychotropes pour tenir la cadence. « Avec mes deux collègues, nous fumons ensemble. Eux prennent parfois de la cocaïne. »

« Machine à performer »

Pour la médecin du travail Isabelle Bidegain, il est impératif de sensibiliser les chefs d’entreprise qui s’appuient sur le « management par objectifs ». Elle partage avec nous une anecdote significative. Un jour, un vendeur de voitures, dont la paie est indexée sur d’importantes primes de vente, vient la trouver. Il lui dit qu’il travaille tout le temps, même pendant ses vacances. Qu’il s’est mis sous cocaïne pour être plus efficace, qu’il doit travailler encore et encore, car pour la payer, il doit vendre toujours plus de voitures… Quand elle informe la société de la situation de cet employé – qui a réussi à se soigner –, le manager s’étonne : « Je ne comprends pas, qu’est-ce qui se passe ? C’est mon meilleur vendeur ! »
Pour le chercheur au CNRS Renaud Crespin, tout cela n’a rien d’étonnant : « Se doper renvoie à l’idée de tenir psychiquement et physiquement, et à un mode de concurrence que l’on retrouve beaucoup dans les entreprises qui prennent la compétition sportive et ses valeurs comme modèle. Comme si le travail ne pouvait pas être autre chose que de la simple compétition. » En somme, résume-t-il :
« L’organisation du travail est sous l’emprise d’un certain nombre de principes de management, qui tendent à réduire le salarié à une machine à performer. »

Pas un secteur professionnel n’échappe au phénomène. En France, premier pays consommateur de psychotropes, l’usage de psychotropes toucherait 20 millions d’actifs – en poste ou au chômage –, selon la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca).

Lire la suite sur le site du Nouvel Obs

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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ven., 24/11/2017

[Livre] « Syndicalisme et santé au travail »

À l’heure où se multiplient les témoignages de salariés en souffrance et s’accumulent les études faisant état d’une dégradation des conditions de travail, les organisations syndicales sont plus que jamais attendues sur le terrain de la prévention des risques professionnels.

Comment s’emparent-elles de ce sujet, longtemps resté dans l’ombre des revendications sur l’emploi et la rémunération ? Dans quelle mesure parviennent-elles à s’extraire des raisonnements hygiénistes et individualisants qui rendent les salariés responsables des maux dont ils souffrent ? En quoi sont-elles amenées à renouveler leurs pratiques ou, au contraire, à réinvestir des questions déjà posées dans les années 60-70, au moment où certaines d’entre elles critiquaient le taylorisme, militaient pour le droit d’expression des salariés et luttaient contre les cadences infernales ? En somme, quelles revendications portent-elles aujourd’hui sur le travail, son organisation et ses finalités ?

Cet ouvrage réunit des contributions d’universitaires, de syndicalistes et d’experts CHSCT traitant de ces questions. Il s’adresse aussi bien aux chercheurs en sciences sociales qu’aux acteurs de la prévention des risques professionnels – syndicalistes, formateurs, ergonomes, médecins, inspecteurs du travail, etc. – souhaitant s’emparer de cette thématique pour redynamiser le conflit social et penser de nouvelles voies d’émancipation des travailleurs.

Lucie Goussard et Guillaume Tiffon sont sociologues, maîtres de conférence à l’université d’Évry-Paris-Saclay et chercheurs au Centre Pierre Naville.

Avec les contributions de : Yves Baunay, Éric Beynel, Paul Bouffartigue, Emilie Counil, Jean-Pierre Durand, Sabine Fortino, Tony Fraquelli, Stéphanie Gallioz, Lucie Goussard, Sonia Granaux, Emmanuel Henry, Danièle Linhart, Marc Loriol, Emmanuel Martin, Christophe Massot, Arnaud Mias, Jean-François Naton, Nicolas Spire, Tessa Tcham, Annie Thébaud Mony, Laurence Théry, Guillaume Tiffon, Laurent Vogel.

Syndicalisme et santé au travail, sous la direction de Lucie Goussard, Guillaume Tiffon, Éditions Du Croquant – 2017 – 15 €.

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mer., 22/11/2017

Quelles alternatives au Lean Management ?

Les propositions de l’Ugict-CGT pour un clean management

Après le contrôle des corps, incarné par Charlot dans « Les Temps modernes » durant la phase de la révolution industrielle, l’idéologie libérale des années 1980 vise au contrôle des esprits pour accompagner la mutation du capitalisme vers la financiarisation de l’économie.

Les lois du management deviennent une traduction d’orientations stratégiques qui basculent vers la gestion (voir La société malade de la gestion, Vincent de Gaulejac, 2009) au détriment de la technicité, du sens du travail et du bien travailler. Engendrant une dichotomie entre les gestionnaires et le réel (Le management désincarné, Marie Anne Dujarier, 2015). Cette mutation s’accompagne d’un discours managérial qui laisse croire que « réussir sa vie professionnelle c’est réussir sa vie tout court » (Extension du domaine de la manipulation de l’entreprise à la vie privée, Michela Marzano, 2008). L’enjeu du temps libre pour s’affranchir du lien de subordination devient incontournable pour l’émancipation.

Ces propositions pour construire le management alternatif ont pour objectif de sortir des drames humains et des gâchis sociaux et environnementaux du Wall Street management. Elles sont issues des travaux de l’Ugict-cgt et ont donné lieu aux ouvrages co-écrits par Marie-José Kotlicki et Jean-François Bolzinger (Pour en finir avec le Wall Street Management et Laissez-nous bien travailler)

La mise en place de nouveaux droits pour l’encadrement (défini au sens large : managers, chef de projet, expert, etc.), est au cœur de la construction du management alternatif préconisé par l’Ugict-CGT.

Il repose sur 3 axes de construction, réhabilitant le rôle central que doit occuper le travail pour construire l’alternative au modèle dominant:

  • La reconnaissance des qualifications permettant leur plein exercice et la revalorisation de la technicité ;
  • Des droits d’expression et d’intervention individuels et collectifs ;
  • La conjugaison permanente des aspects sociaux, économiques et environnementaux.

La cohérence de ces trois axes complémentaires nécessite de les faire vivre simultanément.

Reconnaissance et plein exercice des qualifications

Il s’agit de recouvrir le pouvoir d’agir sur le travail en permettant le plein exercice des qualifications de chacune et chacun :  

  • Par la mise en place d’espaces de discussion professionnelles, permettant d’évoquer et de résoudre les difficultés rencontrées pour exercer un travail de qualité respectant les règles de l’art de leur métier.;
  • Par l’élaboration collective des objectifs, qui doivent s’accompagner d’une discussion sur les incidences prévisibles et sur les moyens nécessaires;
  • Par la discussion sur les moyens mis à disposition par l’employeur pour réaliser un travail de qualité conforme au métier;
  • Par une évaluation du travail tenant compte de la dimension collective du travail, basée sur des critères objectifs et transparents, et reconnaissant l’apport individuel dans ce contexte;.
  • Par la reconnaissance des qualifications et revalorisation de la technicité (y compris pour les métiers du tertiaire), et la lutte contre toutes les formes de discriminations.

Droit d'expression individuel et collectif

Lire la suite sur le site de l’UGICT-CGT

 

Billet original sur Souffrance et Travail - Marie Pezé

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mar., 21/11/2017

Vous prenez des produits psychoactifs pour tenir au travail, racontez-nous

En raison d’une mutation des organisations du travail, des salariés consomment des substances pour améliorer leur productivité ou simplement « tenir ».

Billet original sur Le Monde - Santé

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Article : Les limites des vacances no limit - Magazine Management Décembre 2017 avec Sébastien HOF Psychologue à Besançon

Déplafonner le nombre de semaines de vacances, c'est le choix radical opéré par des entreprises du secteur digital. Une proposition séduisante qui soulève néanmoins quelques interrogations. Par Thomas LESTAVEL.

L ’an dernier, Agnès a rejoint Indeed (site spécialisé dans la recherche d’emploi sur Internet). Sans ancienneté dans l’entreprise, la jeune femme a posé trois semaines en août et deux à Noël, sans compter les jours qu’elle s’octroie de temps à autre pour s’occuper de sa fille. Elle a beau avoir fait exploser son quota légal de congés payés et de RTT, son employeur n’a pas sourcillé. Et pour cause : chez Indeed, il n’y a pas de limite pour les vacances, pourvu qu’on atteigne ses objectifs. Suivant l’exemple de Netflix, de Glassdoor et de Virgin, le groupe américain a pris cette décision début 2016 et l’a fait appliquer par toutes ses filiales. Au siège texan, les salariés posent en moyenne quinze jours de vacances (quatre de plus que dans les autres firmes américaines).

En France, ils peuvent dépasser le seuil des sept semaines (cinq de congés payés et deux de RTT) même si cela reste rare. «Nous sommes embarqués dans une aventure entrepreneuriale et, à ce titre, nous voulons mettre fin au présentéisme», déclare Arnaud Devigne, le directeur général France d’Indeed. Ce dispositif est également un moyen astucieux d’attirer les candidats dans un secteur, le numérique, où l’on s’arrache les talents.

LES OBJECTIFS D’ABORD.

Pour autant, la notion de vacances illimitées est trompeuse car les prises de congés sont conditionnées à l’accord du N + 1, qui juge si le salarié est ou non en mesure d’atteindre ses objectifs annuels. «Pour que cela fonctionne, il faut que les objectifs aient été négociés de manière claire et réaliste entre l’employé et son supérieur, précise Sébastien Hof, psychologue du travail. Il importe aussi de les redéfinir en cours d’année lorsque surgissent les inévitables imprévus.»

Chez Indeed, on assure qu’il n’y a eu, en deux ans, aucun conflit lié à des congés refusés. De leur côté, les juristes pointent un autre danger : un individu – jaloux, procédurier ou tout simplement opportuniste – pourrait saisir les prud’hommes au motif qu’il a eu moins de vacances qu’un collègue. Un réflexe de l’ancien monde, diront certains. Enfin, l’employeur court le risque qu’un collaborateur démotivé multiplie les demandes de vacances en prétendant être capable d’atteindre ses objectifs annuels. «Je n’ai pas constaté de demandes abusives», rétorque Arnaud Devigne.

ESPRITS LIBRES.

Chez Popchef (site spécialisé dans la livraison de déjeuners), la moyenne des congés pris est de cinq semaines et quatre jours, alors que beaucoup de cadres français bénéficient des sept semaines légales. Au-delà du nombre de jours de vacances, l’intérêt du dispositif est certainement ailleurs : il pousse les managers à être plus souples et compréhensifs sur ce sujet. «Les salariés se sentent alors plus libres de poser un jour ou deux à la dernière minute», explique-t-on chez Popchef. Et François Raynaud de Fitte, le cofondateur de la start-up, de conclure : «Nous avons remplacé la culture des horaires par celle du résultat.»

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